mercredi 1 juillet 2015

Après l'oral...

...
les vacances !



Merci pour cette belle année de travail avec vous.

Passez de bons moments mais n'oubliez pas de lire Mme Bovary de Flaubert et Oedipe-Roi de Sophocle !

***
Après plus de 2330 pages lues, par des visiteurs de tous les continents, nous déménageons pour laisser la place aux élèves qui entreront en première L en septembre.
Mais nous n'allons pas très loin :
rendez-vous très vite ici :




mercredi 24 juin 2015

Demain, dès l'aube...

Derniers conseils pour réussir votre oral :

- jetez un oeil sur le vadémécum de la charte des examinateurs.

- soyez polis, souriants, détendus.

- ayez la volonté de convaincre, lors de la lecture et durant l'exposé et l'entretien. Ne soufflez pas, ne renoncez pas à répondre à une question.

- et pensez à Alain !

Bon courage !


mardi 23 juin 2015

Réviser la séquence : les frères ennemis

Pour terminer ce parcours de révisions, je vous propose de revenir sur le texte de Racine extrait de la Thébaïde.


Description de cette image, également commentée ci-après
 Jean-Baptiste Racine » par Jean-Baptiste Santerre — http://www.topofart.com/artists/Jean-B

La Thébaïde est la première pièce d'un auteur encore jeune. Pour Racine, le sujet des frères ennemis est éminemment tragique. Il reprend la source d'Euripide : Jocaste ne se suicide pas à l'annonce de l'inceste et du parricide. Vivante, elle voit ses fils se déchirer pour le trône.


Les questions que l'on peut vous poser pour cette réécriture comme pour les deux autres doivent mettre en lumière les spécificités de la réécriture.
- Comment Racine adapte-t-il au goût du XVIIème siècle la tragédie antique ?
- En quoi cette réécriture est-elle classique ?


Rappel sur les lectures cursives de la séquence 
Pour Parodies et pastiches : la réécriture peu être considérée comme un jeu. Jeu pour l'auteur qui s'amuse à reprendre des vers, à les déformer, qui s'amuse à se comparer à des auteurs qui l'ont précédé. Mais jeu aussi pour le lecteur qui doit reconnaître les textes sources.
Rabelais cherche à faire rire le lecteur en démystifiant le modèle épique.
Proust accentue les aspects du style de Flaubert par l'accumulation de détails. Il accentue aussi l'ironie.


Bonnes dernières révisions... et n'oubliez pas de vous détendre un peu !

Réviser la séquence 5 : la poésie à la Renaissance

Dans cette séquence, nous nous questionnons sur le renouvellement de la poésie à la Renaissance. Après le Moyen Age, cette période nourrie de l'héritage antique cherche une nouvelle manière de dire les choses.

Le texte le plus important, autour duquel se fonde le groupe de la Pléiade est La Défense et Illustration de la langue française de du Bellay, publiée en 1549. Celui-ci l’a écrit pour répondre à l’Art poétique de Thomas Sébillet, paru en 1548. Du Bellay défend le français contre le latin, en proposant un enrichissement de la langue française à l’aide d’emprunts aux parlers locaux, au latin et au grec, à la création d’infinitifs substantivés, de mots composés ou dérivés. Il propose d’employer des genres poétiques hérités de l’Antiquité tels que l’ode, l’élégie, l’épigramme et de l’Italie comme le sonnet pour remplacer les genres courants au Moyen Âge (rondeaux, ballades, chansons...). Il s’agit donc de défendre une imitation créatrice. 

C'est dans ce contexte très riche que sont écrits les trois poèmes étudiés.

Lecture analytique de Ronsard, "Soit que son or se crêpe lentement", Les Amours, 1552.



Nous pouvons nous demander en quoi ce poème est représentatif de la poésie de la Pléiade. Nous y répondrons en suivant le plan suivant :

I. Un sonnet à la manière de Pétrarque
1. La forme du sonnet héritée de Pétrarque 
2. Un blason
3. L’expression lyrique des sentiments

II. L’œuvre d’un poète humaniste
1. L’inspiration antique (les figures mythologiques) 
2. La pointe héritée de l’épigramme latine 

3. Le jeu littéraire (la composition ciselée du sonnet dans le jeu des strophes qui se répondent)
III. Quand la littérature rivalise avec la peinture
1. Une description en mouvement
2. La lumière qui vient des cheveux
3. La femme saisie à différents moments comme si elle se métamorphosait 


Lecture analytique de Du Bellay, "Heureux qui comme Ulysse", Les Regrets.



Joachim Du Bellay.jpeg
 Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.

Dans son sonnet, Du Bellay, alors en Italie, se rappelle avec nostalgie de son pays natal qu'il oppose à Rome.
On pourra vous demander : en quoi ce poème est-il à la fois traditionnel et original.
Vous répondrez très simplement en évoquant d'une part les caractéristiques traditionnelles du poème (sentiment d'exil, lyrisme, nostalgie) et d'autre part en montrant que son originalité tient du paradoxe (rejet de l'héritage antique au profit du pays natal, attachement à la France caractéristique des poètes de la Renaissance qui travaille sur une poésie française).

Ruines du château de Joachim du Bellay.JPG
Ruines du château de Liré où vécut Joachim du Bellay et qu'il mentionne dans son sonnet. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons. 










Lecture analytique du poème de Louise Labé, "Je vis, je meurs", Elégies et sonnets, 1545.


Description de cette image, également commentée ci-après
 Louise Labé  par Pierre Woeiriot. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.
Ce poème très célèbre est intéressant pour le jeu sur les antithèses et les parallélismes de construction et la construction du sonnet qui permet à Louise Labé d'exprimer les tourments de l'amour.
On pourrait vous demander : comment Louise Labé décrit-elle les tourments de l'amour ?
1. le choix du sonnet (2 quatrains/2 tercets : expression des tourments/explication et retour aux tourments ).
2. Le lyrisme
3. Un sonnet du désordre des sentiments amoureux (figures de l'antithèse et du parallélisme/sujet devient objet dans le dernier tercet).


Bonnes révisions !


lundi 22 juin 2015

Réviser la séquence 4 : Montaigne, "Des cannibales"

Portrait présumé de Montaigne par un auteur anonyme (anciennement attribué à Dumonstier) repris par Thomas de Leu pour orner l’édition des Essais de 1608.
Ce portrait, dit de Chantilly car acquis par le duc d’Aumale en 1882, est aujourd’hui au musée Condé,
Les vêtements et décorations désignent le détenteur de l'ordre de Saint-Michel qui lui fut attribué en 1577.
(crédit photo : wikipedia)




Figure de l'humanisme, fierté de l'Aquitaine, Montaigne est connu pour son oeuvre  Les Essais qu'il a écrite et complétée de 1572 à 1592, dans sa célèbre bibliothèque logée dans une tour de son château. Il a fait graver sur les poutres des maximes d'auteurs grecs et romains.
Crédit photo : Wikipedia.
L'étude "Des Cannibales" nous permet de comprendre le chamboulement que constitue la découverte de l'Amérique et de ses habitants pour les penseurs de la Renaissance. "Notre monde vient d'en trouver un autre" écrit encore Montaigne dans le chapitre "Des Coches", livre III des Essais.


Bonnes révisions !

dimanche 21 juin 2015

La représentation de la guerre : des vases antiques aux manga (2)

Après avoir vu les phalanges et Le massacre de Scio de Delacroix, regardons comment est représentée la guerre à travers trois exemples du XXème siècle.

Fernand Léger, La Partie de cartes (1917)
Traumatisé par la Première Guerre mondiale, Fernand Léger évoque dans son tableau des hommes déshumanisés, tels des robots.


Picasso et Guernica (1937)

Oeuvre très célèbre de Picasso que vous avez surement déjà étudiée et peut-être même admirée à Madrid. En voici une représentation en 3D qui vous permet de la voir autrement.




Enfin, dernier exemple : le manga Gen d'Hiroshima de Keiji Nakazawa. 



Quatrième d'une famille de 6 enfants, Keiji Nakazawa a perdu son père, sa soeur et son frère cadet lors du bombardement atomique le 6 août 1945. Il exprime pour la première fois ses souvenirs de la tragédie dans un ouvrage intitulé Sous la pluie noire, puis à nouveau deux ans plus tard dans Soudain un jour. En 1972, il livre un court récit de sa propre expérience du bombardement dans Je l'ai vu. Mais ce n'est qu'en 1973 que commence la série Hadashi no Gen (Gen aux pieds nus)  qui devient en français Gen d'Hiroshima.
Keiji Nakazawa est mort en décembre 2012, des suites d'un cancer des poumons.
La bombe atomique apparaît dans le manga "comme le cri fou d'un démon" sous la forme d'un champignon gigantesque qui brûle les corps et fait fondre les visages, à la manière de ce que raconte Nawal dans Incendies.
Lisez la préface d'Art Spiegelman, le célèbre auteur de la BD Maus qui raconte le régime nazi.



Bonnes révisions !

samedi 20 juin 2015

Réviser la séquence 3 : Les passions et l'aspiration au bonheur

Les Pensées, Pascal.
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blaise_Pascal_Versailles.JPG?uselang=fr

Quelles questions poser sur ce texte ? Plusieurs sont possibles :

- Soit vous amener à réfléchir à l'argumentation du texte
- Soit vous amener à expliquer la thèse de Pascal
- Soit vous faire comprendre pourquoi l'homme ne peut pas être heureux suivant Pascal.

Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité entre les hommes.


Pastel de Quentin de La Tour, Jean-Jacques Rousseau, en 1753 (alors âgé de 41 ans).

Pour l'extrait du Discours, on imagine des questions mettant en avant le caractère paradoxal de la thèse de Rousseau en plein siècle des Lumières.


Pour enrichir votre réflexion sur les Lumières, voici un texte intéressant du philosophe Kant :il s'agit d'un extrait de son essai intitulé Qu'est-ce que les Lumières ?


Les lumières, c’est pour l’homme sortir d’une minorité qui n’est imputable qu’à lui. La minorité, c’est l’incapacité de se servir de son entendement sans la tutelle d’un autre. C’est à lui seul qu’est imputable cette minorité dès lors qu’elle ne procède pas du manque d’entendement, mais du manque de résolution et de courage nécessaires pour se servir de son entendement sans la tutelle d’autrui. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement : telle est donc la devise des Lumières.
    La paresse et la lâcheté sont causes qu’une si grande partie des hommes affranchis depuis longtemps par la nature de toute tutelle étrangère, se plaisent cependant à rester leur vie durant des mineurs ; et c’est pour cette raison qu’il est si aisé à d’autre de s’instituer leurs tuteurs. Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui a de l’entendement pour moi , un directeur spirituel qui a de la conscience pour moi, un médecin qui pour moi décide de mon régime etc., je n’ai pas besoin de faire des efforts moi-même. Je ne suis point obligé de réfléchir, si payer suffit ; et d’autres se chargeront pour moi l’ennuyeuse besogne. […]
    Il est donc difficile pour tout homme pris individuellement de se dégager de cette minorité devenue comme une seconde nature. Il s’y est même attaché et il est alors réellement incapable de se servir de son entendement parce qu’on ne le laissa jamais en fait l’essai. Préceptes et formules, ces instruments mécaniques destinés à l’usage raisonnable ou plutôt au mauvais usage de ses dons naturels, sont les entraves de cet état de minorité qui se perpétue.
    Mais qui les rejetterait ne ferait cependant qu’un saut mal assuré au-dessus du fossé même plus étroit, car il n’a pas l’habitude d’une telle liberté de mouvement. Aussi sont-ils peu nombreux ceux qui ont réussi, en exerçant eux-mêmes leur esprit, à se dégager de cette minorité tout en ayant cependant une démarche assurée.
    Qu’un public en revanche s’éclaire lui-même est davantage possible ; c’est même, si seulement on lui en laisse la liberté, pratiquement inévitable. Car, alors, il se trouvera toujours quelques hommes pensant par eux-mêmes, y compris parmi les tuteurs officiels du plus grand nombre, qui, après voir rejeté eux-mêmes le joug de la minorité, rependront l’esprit d’une estimation raisonnable de sa propre valeur et de la vocation de chaque homme a penser par lui-même. […]
    Mais ces Lumières n’exigent rien d’autre que la liberté ; et même la plus inoffensive de toutes les libertés, c’est-à-dire celle de faire un usage public de sa raison dans tous les domaines.
Emmanuel Kant, Qu’est ce que les lumières ? , 1784
Trad. J. Mondot, université de Saint-Étienne, 1991



Bonnes révisions !