vendredi 17 juin 2016

Réviser Mme Bovary

Lecture analytique de la scène du bal de la Vaubyessard

Isabelle Huppert dans le rôle d'Emma dans le film de Claude Chabrol

Ce qu'il faut retenir de cet extrait, c'est l'importance du double regard : celui qu'Emma jette sur cette société qu'elle idéalise et celui que Flaubert jette sur son héroïne et sur les nobles à travers le narrateur. À la fascination d'Emma s'oppose donc la démystification opérée par Flaubert.

Ce que Flaubert en a dit dans sa correspondance à Louise Colet :

Je suis maintenant arrivé à mon bal, que je commence lundi. J’espère que ça ira mieux. J’ai fait, depuis que tu m’as vu, 25 pages net (25 pages en 6 semaines). Elles ont été dures à rouler. Je les lirai demain à Bouilhet- Quant à moi, je les ai tellement travaillées, recopiées, changées, maniées, que pour le moment je n’y vois que du feu. Je crois qu’elles tiennent debout. (lettre du 24 avril 1852) 

J’ai à faire une narration. Or le récit est une chose qui m’est très fastidieuse. Il faut que je mette mon héroïne dans un bal. Il y a si longtemps que je n’en ai vu un que ça demande de grands efforts d’imagination. Et puis c’est si commun, c’est tellement dit partout ! Ce serait merveilleux d’éviter le vulgaire, et je veux l’éviter pourtant.  (lettre du 2 mai 1852)

Synthèse de la lecture analytique.

Fonctions de la description dans le roman 

Vous avez tous eu du mal avec les descriptions dans Mme Bovary. Mais après l'étude de l'oeuvre, vous devez reconnaître qu'elles ont une fonction importante dans le roman... autre que de décourager les élèves de lire Flaubert !

"Il n’y a point dans mon livre une description isolée, gratuite ; toutes servent à mes personnages et ont une influence lointaine ou immédiate sur l’action".
   
Synthèse sur la description dans Mme Bovary.

Enfin pour en finir avec le travail sur le roman, je vous renvoie à une vidéo de Modiano déjà proposée sur ce blog l'an dernier :
Et à une synthèse du Discours de réception du Nobel

lundi 13 juin 2016

Réviser la séquence sur Beckett

Le théâtre de l'absurde


Etymologiquement, absurde signifie "qu'on n'entend pas, inaudible, dissonant".
C'est Jacques Lemarchand qui utilise cet adjectif pour la première fois pour qualifier le travail de trois dramaturges : Ionesco, Beckett et Adamo.

La littérature absurde apparaît avant le théâtre de l'absurde. Pour Camus, le sentiment absurde naît lorsque l'homme qui veut comprendre le monde se retrouve confronté à l'absence de sens du monde et de l'existence (cf L'Etranger ou le Mythe de Sisyphe).

L'après-guerre montre avec une crudité violente le vide de sens de l'existence : la Shoah, et Hiroshima ont montré toute l'horreur dont l'homme est capable malgré des siècles de culture, malgré l'humanisme, malgré les Lumières.

Pourtant, les trois dramaturges ainsi désignés ont tous réfuté cet adjectif :

" On a dit que j'étais un écrivain de l'absurde ; il y a des mots qui courent les rues, c'est un mot à mode qui ne le sera plus.En tout cas, il est dès maintenant assez vague pour ne plus rien vouloir dire et pour tout définir facilement".    Ionesco.

"... je n'ai jamais été d'accord avec cette notion de théâtre de l'absurde"   Beckett

"Le mot théâtre absurde déjà m'irritait. La vie n'est pas absurde. Difficile, très difficile seulement."  Adamov.

Au contraire, Ionesco revendique un "Théâtre abstrait. Anti-thématique, anti-idéologique, anti-réaliste, anti-philosophique, anti-psychologique de boulevard, anti-bourgeois, redécouverte d'un nouveau théâtre libre".

En ce sens, on peut dire que le théâtre de l'absurde est un anti-théâtre : il se moque du théâtre traditionnel en faisant éclater l'intrigue, les personnages, l'espace et le temps.
Mais il puise aussi aux sources du théâtre comique en redonnant toute sa place au corps. A cet héritage, il mêle une nouvelle forme de tragique  qui provient surtout de l'incommunicabilité des hommes. Les limites du langage sont mises en cause.

Quelques exemples de pièces absurdes

Les 50 ans de Cantatrice chauve de Ionesco au théâtre de la Huchette



Une archive INA sur En attendant Godot




Dernière lecture analytique : l'épisode du chien.

Réviser la séquence sur Fin de partie

Voici les questions d'ensemble de la séquence sur Fin de partie.

Le rôle du silence 

Pour aller plus loin, quelques vidéos qui montrent que le silence a pris de plus en plus de place dans la démarche de Beckett :

Les Actes sans paroles : pièce sans parole.


Ou encore Quad :

Alors qu'à l'opposé, nous avons vu Not I, la pièce où seule une bouche se détache sur un fond noir :



Pièce comique ou pièce tragique ?

Le rire dans Fin de partie.

« Fin de partie est tragique, cruel, violent, mais surtout comique ; si on ne le voit pas, on rate toute la pièce. » Pierre Chabert


« Beckett réussit le prodige de tenir ensemble le tragique et le grotesque, en alliant des visions ou des allusions bouffonnes [...] à une réflexion implicite sur le tragique de la condition humaine. » (Fin de partie [Samuel Beckett] - Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009 )


La pièce est-elle la fin d'une partie ?

"Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir"


Réviser Les Frères ennemis

Ismène



Une mise en scène et en musique de la réécriture de Ritsos, sur une proposition de Marianne Pousseur au théâtre de Nanterre-Amandiers.




dimanche 22 mai 2016

A la rencontre de Flaubert et d'Emma.



Pour découvrir l'auteur, je vous conseille une visite du site de l'Université de Rouen.
La biographie d'Yvan Leclerc, éminent spécialiste de Flaubert est très intéressante.

Vous pourrez aussi regarder une vidéo de Henri Guillemin :



Après notre exercice en classe "Madame Bovary, c'est pour moi....", je vous laisse découvrir ce que c'est pour Jean Rochefort, dans un registre très décalé !



De nombreuses émissions radiophoniques sont consacrées à Flaubert ou à son roman.
Je vous en conseille quelques-unes.

Dans un registre beaucoup plus universitaire, une émission de France culture avec Michel Winock, auteur d'une biographie de Flaubert et Yvan Leclerc dont nous avons déjà parlé :